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"380 Il semble que l’amour ne cherche pas les perfections réelles ; on dirait qu’il les craint. Il n’aime que celles qu’il crée, qu’il suppose ; il ressemble à ces rois qui ne reconnaissent des grandeurs que celles qu’ils ont faites." Approbation d’Oriane (feutre vert clair) : juste, très juste… mais est-ce que cette remarque sur le rôle de l’imagination sur la pensée humaine, notamment sur les pensées qui traduisent nos relations à autrui, n’est pas généralisable. Est-ce que l’homme (ou la femme bien sûr) ne hait pas dans autrui l’image de la haine qu’il a élaboré ? Est-ce qu’il n’admire pas ce qu’il met d’admirable dans ce qu’il veut admirer ? J’ai toujours été persuadée de cela : il n’y a, dans nos relations à autrui, aucune objectivité possible. D’une certaine façon toute relation humaine est basée sur l’image que nous construisons au préalable de cette relation même… Il faudrait que je creuse cela davantage mais est-ce que mon admiration première pour le Général, puis la haine qui est venue ensuite, n’était pas une manifestation de mon imagination de ce qu’il pouvait y avoir en lui d’admirable et, plus tard, d’haïssable ?
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